Domingo


 
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 La vie d'une taupe

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Choco Solucci
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MessageSujet: La vie d'une taupe   Lun 7 Juin - 21:15

Ho, salut ! Tu es venu écouter une histoire ? Super ! Il se trouve que j'ai quelques anecdotes sympathiques en réserve. Je te propose de commencer par cette fois là, il n'y a pas si longtemps... J'étais parti en Angleterre après un duel contre une famille adverse, les Sapiento. Ce voyage... J'y ai vu, j'y ai fait même, des choses horribles. Comment je pourrais appeler ce récit... Oh, je sais !

Les nuits d'une bande de créatures bizarres


J'étais donc parti en voyage en Angleterre. Je vous ai déjà expliqué mon arrivée, et mon installation les premiers jours. Après ma découverte de l'autel dans la forêt, j'ai bien fait attention à ne pas me transformer, pour éviter les dégâts. Les premiers jours se déroulèrent sans encombres, puis arriva le jour de la fête. Les jeunes du village avaient fait du bon boulot : presque une centaine de personnes étaient venues. J'y ai fait la connaissance de beaucoup de gens, mais en particulier d'un couple de français faisant leurs études dans le coin. Ils se nommaient Maxime et Laura, et le premier était lui aussi possesseur d'un pouvoir de métamorphose. Je n'irai pas jusqu'à dire que la taupe soit un animal doté d'une certaine classe, mais comparé à Max, j'avais eu de la chance. En effet, lui il se changeait en pingouin. Laura, quand à elle, ne possédait pas de pouvoirs et était amusée par ces changements d'apparence. Après quelques verres dans le nez, Laura nous laissa et on a pu discuter de tout et de rien. Rapidement, le sujet de la conversation s'est axé autour de nos capacités respectives. Max racontait que l'autel lui procurait une force supplémentaire, un coup de turbo. Rapidement, on sortit dans le jardin pour qu'il me fasse une démonstration. Effectivement, par rapport à un pingouin ordinaire, il avait un certain style et... Une maîtrise de la glace ahurissante. Il m'invita à lui montrer mon pouvoir, et découvrir par la même occasion les effets que me procurerait l'autel... C'était une mauvaise idée. Heureusement, il était tard et presque tous les invités étaient rentrés chez eux. Une fois ma métamorphose achevée, je perdit le contrôle. Quelques heures plus tard, je me suis réveillé au creux d'un arbre, la chemise en lambeaux et du sang partout. Pas le mien. En revenant à la propriété, je m'aperçut que j'avais dévoré deux vaches. Alors que je m'asseyait sur le canapé pour digérer ce que j'avais fait durant la nuit, je vit Max et Laura arriver en courant. Ils m'expliquèrent que j'avais pété un câble et que j'avais agressé tout le monde, puis emporté une des vaches sur mon dos avant de courir vers la forêt.
Une semaine plus tard, on avait tout réglé. Les vaches restantes avaient été vendues pour rembourser les dégâts, et les gens agressés ne porteraient pas plainte. J'avais juré de ne plus utiliser mes capacités avant la fin du voyage... Hélas. Max m'avais prévenu : à la pleine lune, les pouvoirs de l'autel devenaient si puissants que parfois, les pouvoirs étaient incontrôlables. Comme dans les contes de loup-garou. Et c'est ainsi que, quelques jours plus tard, la nuit où la Lune était ronde arriva.
Je m'étais préparé à toute éventualité. Toutes les portes fermées à clef, des attaches sur mon lit, et un somnifère. J'avais aussi fixé une caméra sur moi, pour visionner mes actes si jamais actes il devait y avoir. Je me couchai donc tôt, le médicament faisant effet, et m'endormis rapidement. C'était une nuit sans rêves, oh non. Tout simplement parce que ce soir là, les cauchemars étaient dans ma réalité. Je me réveillai au milieu d'un groupe de sept personnes, dont Max. Il était déjà debout.


-Choco... C'est arrivé. Encore. Je t'avais prévenu, et nous n'avons rien pu faire...


Là, je compris. Le petit monument m'avait encore joué un tour. Mais alors, qui étaient ces gens ? Je le comprit très vite : d'autres personnes possédant un don de métamorphose animale. Sans attendre, je décrochai ma caméra qui Ô miracle avait survécu. La vidéo était dure à décrypter entre l'obscurité et les mouvements brusques de la taupe, toutefois on pouvait nettement voir les obstacles voler. Comme attiré par un instinct de groupe, on voyait plusieurs créatures se diriger vers l'autel. Parmi eux, moi et Max. Il y avait aussi deux loups, une espèce de puma, un rapace énorme et un reptile genre lézard. Une fois sur place, les animaux paraissaient attendre des instructions de la pierre. Puis, d'un coup, ils partirent en courant vite, très vite. Je crois bien que j'allais à une vitesse équivalente à Carten lorsqu'il utilise sa technique de déplacement, peut-être un peu moins ; ça n'en demeurait pas moins impressionnant. Tout le groupe était penché sur l'écran. Et avec horreur, tout le monde me vit démembrer un homme d'un certain âge sans aucun motif valable. Et il y avait pire, bien pire ! Car quelques heures plus tard, alors que nous rentrions tous chez nous pour nous remettre de cette nuit folle, Maxime me passa un coup de fil. Il semblait désespéré... Il disait que Laura était morte. Et que, encore pire, il reconnaissait la marque de son pouvoir de la glace sur la peau de sa fiancée, et que par conséquent c'est lui qui l'avait tuée... Après recherches, on s'aperçut rapidement que l'autel nous faisait tuer les personnes sans pouvoir. J'ai aussi appris à maîtriser mon pouvoir, comme le faisait Max... Et surtout, on a fini par trouver comment sceller cette saloperie d'autel. Il y a eut une autre chose très importante, alors que j'étais proche de la mort... Mais tout ça, c'est pour une prochaine fois peut-être. Merci de m'avoir lu !
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Choco Solucci
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MessageSujet: Re: La vie d'une taupe   Lun 21 Juin - 17:02

Yo ! La dernière histoire était pas spécialement joyeuse... Donc cette fois-ci, je vais un peu vous parler de mon enfance à Tardez. C'était vachement sympa, et pas aussi glauque que mon voyage au Angleterre ! Voici donc...

Dalya Wave, pas vraiment la meilleure personne
pour s'occuper d'une bande de gosses.


On va remonter au jour de mon huitième anniversaire. J'avais invité mes deux meilleurs amis chez moi manger le bon gâteau de ma mère. Nous étions donc cinq autour de la table, mes parents mes potes et moi, chapeaux sur la tête et dessert coupé, quand quelqu'un sonna à la porte. Mon père partit ouvrir : c'était une famille souriante composée de deux adultes et d'une jeune fille d'environ 18 ans. L'homme prit la parole, tendant la main au père Solucci.

-Bonjour ! Nous allons emménager à la maison mitoyenne à la votre, et nous voulions rencontrer nos voisins... Oh mais c'est la fête ici ? On dérange peut-être, excusez-nous.

-Non, ça ira,
répondit mon père. C'est l'anniversaire du petit. Bienvenue dans le quartier, vous voulez rester pour goûter au gâteau ?

-Oh, nous ne souhaitons pas nous incruster, mais ça ne se refuse pas ! Merci beaucoup. Et joyeux anniv' mon ptit !


Il m'ébouriffa les cheveux en entrant, en faisant à moitié tomber mon chapeau. Je grommelais que j'étais pas petit en retournant sur ma chaise. Une fois le dessert terminé, et les cafés servis aux grands, moi et mes amis nous sommes retirés et nous apprêtions à sortir quand ma mère proposa d'emmener la jeune fille de l'autre famille pour lui faire visiter Tardez. Elle s'appelait Dalya. D'un seul regard à mes copains, j'ai vu qu'ils pensaient la même chose que moi : on allait lui montrer notre base. C'est un truc que tout gamin a déjà eu, une cachette secrète. La notre, elle se trouvait dans un tas énorme de caisses empilées. L'entreprise qui les avait posées dans la ruelles où elles étaient avait fermé pour arnaques. D'ailleurs, la pile de caisses n'en était pas une : il s'agissait simplement d'un ensemble creux qui ne servait à rien à part à faire croire à une éventuelle grosse production. On avait creusé un trou bien caché sur un côté, et un peu aménagé l'intérieur. C'était que de la récupération, mais on s'y sentait bien. Je crois d'ailleurs qu'elle y est toujours.
Dalya rentrait donc dans notre QG avec un sifflement d'admiration.


-Bien joué pour avoir trouvé ça les gars. Mais c'est pas une sorte de base secrète interdite aux filles ou je sais pas quoi ?

Je m'étais assis sur un tonneau vide qu'on avait roulé à l'intérieur lors de l'aménagement. Avec un sourire moqueur, je lui répondit :

-T'as raison, normalement on laisse entrer personne. Mais toi t'es grande, et tu peux nous être utile. Y a plein de trucs qu'on peut pas faire, d'endroits où on peut pas aller... Avec ton aide on pourra faire ce qu'on veut !

-Oh oh, attend deux secondes Solucci. Ça marche pas dans un sens, je vous aide si vous m'aidez.


Là, on était intrigué. Comment on pouvait aider une fille de 18 ans ? Elle nous expliqua vite : elle était nouvelle dans la ville et nous, nous en connaissions toutes les astuces et tous les recoins. Ainsi, elle aurait voulu qu'on lui récupère des objets... Volés. Et que de temps en temps, quand elle avait des problèmes, qu'on l'aide à s'en sortir. Notre petite taille aidait aussi (quoi que, j'étais déjà grand pour mon âge). C'est ainsi que commença une longue période d'entraide entre ma bande et Dalya Wave. Elle prétextait jouer avec nous et nous surveiller pour foncer à la cachette et nous proposer une mission. C'était vachement marrant, on se serait cru dans un film. Mais un jour, lors d'une discussion dans la pile de caisses, Wave toucha un point sensible. Les filles.

-Quoi ?! Non t'es folle. C'est pas contre toi, mais la plupart des filles sont bêtes et pas intéressantes. Pourquoi tu voudrais qu'on en embrasse une ? C'est un truc de vieux, quand on sera adultes !

-Ha, tu dis ça maintenant mais tu changeras vite d'avis, crois moi ! Vous, vous en pensez quoi ?

-La même chose. C'est pas pour moi.

-Moi je me dis qu'y a bien une raison pour que tous les adultes fassent ça et pas nous. Un genre de secret qu'ils savent et que nous non. Mais je cherche pas à savoir ce que c'est, je pense que je l'apprendrai tout seul ! Sinon y aurait pas tant de monde au courant jpense.


Nous étions tous assis, et Dalya se leva. Elle s'approcha de moi, puis s'arrêta à un mètre environ.

-...Quoi ?

-Je pense que t'es pas loin de la vérité. Jvais te révéler un petit morceau du fameux secret, tu m'en diras des nouvelles.

Et là, elle se pencha vers moi pour me déposer un petit baiser sur la bouche. Je devint tout rouge, et mes potes étaient tétanisés. Qu'est-ce qu'elle faisait ? C'était dégueulasse ! Mais ça avait quelque chose... D'attrayant. C'était une sensation merveilleuse. J'avais un peu plus de neuf ans, et je découvrait pour la première fois les joies que peuvent nous apporter les êtres féminins. Quand je revenait à moi, mes amis étaient morts de rire et Dalya avait un sourire satisfait. Moi, j'étais un peu déboussolé. C'est notre "baby sitter" qui prit la parole.

-Arrêtez de rigoler, c'est plus Choco qui devrait se moquer de vous. Oh, j'ai une idée ! Je vais vous donner une mission un peu spéciale. Vous avez un an à partir d'aujourd'hui pour embrasser une fille sur la bouche comme je viens de faire, et si vous y arrivez tous les trois vous aurez une surprise supplémentaire concernant le "secret" !

Elle commença à rigoler. Moi, j'étais intrigué. Il y avait plus que ça ? Et on allait le découvrir l'année suivante ? Ça m'intéressait vachement. Mes copains moins, mais j'ai très vite suscité leur attention alors qu'ils dormaient chez moi, le lendemain. Je leur avait expliqué que le bisou n'était pas du tout comme on l'avait imaginé, et qu'il fallait à tout prix qu'ils l'essaient pour comprendre et surtout, pour que Dalya leur montre la suite. La semaine d'après, à l'école, on cherchait chacun une fille qui pourrait accepter et pas trop moche. J'avais déjà ma cible : une élève de ma classe, assez petite face à moi, qui était assez mignonne et rougissait toujours en croisant mon regard. Ça marcha super bien : en une semaine c'était bouclé. J'étais vachement fier de moi, je l'avoue. Guito, un de mes deux amis, finit par débusquer une petite blonde amoureuse de lui. Heureusement pour nous, c'était l'âge où les filles commençaient à s'intéresser aux garçons. Mais pas de chance pour Stan, le troisième de la bande, il n'avait pas vraiment de succès. Il n'était pas vraiment moche, on aurait pu le qualifier de "normal". Mais ses lunettes avaient tendance à faire foirer ses avances. Au bout de trois mois, on prit les choses en main. Il nous en restait neuf pour que Guito aille jusqu'au bout du marché et que Stan trouve une copine. Pour la première partie ça ne tarda pas : il avait tenté un poème pour faire chavirer son coeur et ça avait marché. Il est toujours aussi romantique qu'avant je crois, aujourd'hui encore ! Mais le binoclard... Il fallait tout faire pour le mettre en avant. On débuta par lui retirer ses lunettes pour qu'il apprenne à voir sans elles, et qu'il se repère aux formes et couleurs. Puis, on se rendit compte que son meilleur atout était son humour : il fit son possible pour le mettre en avant. A la moitié du temps imparti par Dalya, il réussit enfin à trouver une petite amie. Il l'avait charmé en la faisant rire sur le fait qu'il ne voyait presque rien sans ses lunettes et qu'il parlait peut-être à un bison et non pas à une fille. Oui, même moi je le dis, c'était osé. Mais faut dire que la cible était pas particulièrement belle, donc ça allait. Enfin, le jour arriva où on avait tous les trois accomplit notre part du marché. On se rendit, tous fiers, à la porte des Wave pour aller chercher Dalya quand elle cassa tous nos espoirs.

-Ok, où sont les preuves ?

Quoi ? Il fallait des preuves ? Donc soit qu'elle soit présente, soit une photo par conséquent. Ça allait être beaucoup plus difficile... Surtout que j'avais quitté la brunette. Il me restait donc cinq mois et demi pour tout reprendre à zéro. De plus, mon ex avait répandu la nouvelle que j'étais nul comme copain... En gros, j'avais du mal. Dans mon école c'était mort ; je partit à la conquête du coeur des habitantes du sud de la ville, au bord de la mer. Moi, j'habitais plus dans le centre-ville. Deux mois avant le gong final, Stan et Guito avaient réitéré leur exploit devant Dalya (qui s'était quand même cachée bien entendu) mais moi, j'avais à peine entamé l'approche de ma nouvelle cible. Je réussit enfin à sortir avec elle et fit tout mon possible pour la charmer au maximum : cartes, blagues, compliments... Il me restait trois jours. J'avais tenté le tout pour le tout en disant à Wave de se mettre sur un toit, pas loin du port. J'étais assis à côté de ma copine, les pieds dans l'eau, et je la gavait de tout ce qu'il fallait pour atteindre mon but. Finalement, je me lançai. J'approchais mon visage du sien... Ça fonctionnait ! On avait réussi !
Le lendemain, toute la bande était rassemblée dans la pile de caisses. Guito, Stan et moi étions assis côte à côte, Dalya debout quelques mètres devant nous.


-Bon ! Ça fait déjà un an que je vous ai proposé ce défi, mais je pensais pas que vous réussiriez... Surtout après ma feinte des preuves. J'ai pas été très sympa, mais au moins je suis contente de voir que les filles ont fini par vous attirer. Parce que au fond, si vous le faisiez juste pour le plaisir d'embrasser, c'était qu'elles vous attiraient. Mais si vous vouliez la récompense de la mission, c'est que ce problème vous intéressait aussi. Vous avez maintenant tous 10 ans, j'en ai 20. Je vais aller travailler à Dystina, pas loin d'ici, comme vous le savez déjà. Mais comme vous l'avez bien mérité, voici ce que je voulais vous montrer.


En effet, elle nous avait parlé de son départ et nous y étions préparé. Seulement, nous ne nous attendions pas du tout à la récompense de la mission. Devant nous, Dalya se déshabilla totalement et nous dévoila son corps nu. Nous trois étions bouche bée, sans pouvoir rien dire.

-Et voilà, ça c'est la chose ultime qui attire les hommes : le corps nu d'une femme. Mais comme vous êtes mineurs et moi non, je vais en rester là et me rhabiller. Ah, j'oubliais ! Si votre zizi est tout dur, c'est bon signe. Sinon, remettez vous en question. Allez les gosses, à bientôt.

Et elle nous laissa là, paralysés sur nos sièges. J'ai revu plusieurs fois Dalya depuis, et elle m'a à chaque fois demandé des nouvelles de mes amours. Je peux vous dire que c'était presque devenu un jeu de lui rapporter nos exploits, à la Wave... En tous cas, je suis sûr que sans elle dans nos vies, nous aurions été totalement différents moi et mes potes. Et même si on était un peu trop jeunes, je pense que ça nous a bien été utile ce choc visuel. Ou alors ça nous a juste rendu fous... Qui sait !
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MessageSujet: Re: La vie d'une taupe   Sam 13 Nov - 23:23

Bonsoir à tous.
Je vous propose de rompre le suspens qui plane depuis la première partie de mon récit Britannique et de terminer cette histoire. Voici donc la suite et fin de mon voyage.

Le voyage initiatique de la mort qui tue.


Après une bonne nuit de sommeil, on se réunit tous devant le petit monument de la forêt. Il fallait trouver une solution. Après quelques débats, je me suis dévoué pour tenter quelque chose. Possédant la capacité de manipuler la pierre, j'aurai pu détruire l'autel en apposant ma main dessus. Dans tous les cas, tous les autres étaient là pour me contenir ou m'aider si ça tournait mal. J'approchai doucement ma main... Puis d'un coup je m'appuyai sur le bloc de pierre. Un flash, comme une décharge électrique, puis le noir. Max me raconta plus tard que je passai d'état humain à taupe et vice versa à une vitesse hallucinante avant de tomber à terre, pris de spasmes. Je ne suis resté évanoui qu'une petite minute. Cependant, j'ai eu le temps de voir la mort. Le tunnel dont on parle tout le temps c'est pas un mythe les gars. Une sensation de légèreté et de bonheur, que de l'amour, pas de haine... Je me sentais monter quand, par je ne sais quelle méthode, quelqu'un me fit revenir à la vie. Je ne reprit pas conscience, mais j'étais plus mort. Je pense que j'ai du regarder trop de films et de séries ou le héros parle à sa conscience, parce que c'est ce que j'ai rêvé lors de ma perte de connaissance. Quoique, vu les conséquences, peut-être n'était-ce pas qu'un rêve... J'étais dans un espace infini, blanc. Assis en tailleurs, j'avais une taupe sur mes genoux (taille réelle.) Ça me parut normal, mais elle prit la parole.

-T'étais un ptit peu mort il y a quelques secondes.

Un gros compte à rebours rouge apparu en face de moi. Il indiquait zéro. Puis tout à coup il remonta à toute vitesse, comme détraqué.

-C'est malin, vous l'avez pété. Obligé de tout régler... Hey, crois pas que tu vas voir combien de temps il te reste ! Allez, réveille toi ! Réveille toi !
-... Mais réveille toi bordel ! Aaaah il ouvre les yeux !


Max était agenouillé sur moi, faisant son possible pour me ramener dans notre monde. Je me relevai doucement et me rendis compte que ma chemise était déchirée. On avait du me faire un massage cardiaque. Mais bizarrement, je me sentait extrêmement confiant, sûr de moi. Je ne le savais pas encore, mais mon don de métamorphose était à présent familier pour moi et je le maîtrisais comme Max et les autres. Après cet incident, j'invitai tout le monde dans la maison que je louais pour entamer des recherches internet. Ne trouvant rien de concluant à part de vieilles légendes urbaines et des clichés sur les lycanthropes, nous décidâmes donc d'analyser les faits tels que nous les connaissions. Assez rapidement, nous nous rendîmes compte que seuls les sans pouvoirs étaient visés par nos attaques nocturnes. C'est là que nous décidâmes de ne pas repartir d'ici avant d'avoir trouvé une solution.

-Hey, je me rappelle d'un truc...

C'était l'homme aigle qui parlait en anglais bien sûr. Ici je traduit. On se tourna tous vers lui.

-J'habite ici depuis tout petit, comme toute ma famille et je suis donc habitué à ces tueries. D'habitude j'arrive à me coincer, mais la nuit dernière Max m'a libéré. Je disais donc, je me souviens que dans plusieurs de mes boucheries, des témoins m'ont entendu crier le mot Sornal. Essaie ça sur Google !


Le reptile, assis sur la chaise en face de l'ordinateur, se tourna et s'exécuta. Très peu de résultats apparurent, mais un site recensant de vieux manuscrits tombait en premier. K. Sornal, auteur britannique du Moyen-Âge ayant pour thème principal la discrimination des sans pouvoirs, assez nombreux à l'époque. Il possédait des dons de voyance, c'est tout ce qu'on savait. Apparemment il savait aussi lancer une malédiction. On se rapprochait. Un des deux loups prit la parole.

-J'habite dans un village quelques kilomètres plus loin, et l'attraction de l'autel ne m'atteint pas très souvent au vu de ma distance... Mais ce que je sais, c'est qu'en haut d'une colline de mon village, il y a une vieille maison. Ce sont surtout les jeunes enfants qui y vont pour se faire une frayeur, mais aucune agence ne vend cette bâtisse. C'est sûr, quelqu'un y vit encore. Et vous ne devinerez jamais l'inscription qu'il y a en dessous de la sonnette...
-Sornal !
-Bingo.
-J'en connais un qui s'est fait peur quand il était jeune pour aller si près de la porte et se souvenir du nom !


Tout le monde rit de bon cœur à la pique qu'il lui lança. Ça faisait du bien. Puis on reprit notre sérieux. D'un commun accord, nous partîmes en voiture vers la demeure abandonnée.
Une fois arrivés, on entra directement sans frapper. Une rapide fouille du rez-de-chaussée ne nous donna aucune information ; un grincement retentit à l'étage. Il y avait quelqu'un. Un vieillard rabougri les menaçait d'un fusil. Avec un accent écossais assez marqué, il cria :


-Sortez d'ici ! Vous m'voulez quoi ?


Le loup natif du village s'approcha, les mains en l'air en signe de paix.

-Nous venons en paix... Nous aurions juste quelques questions à propos de l'autel de la forêt de Roger's Corner !

Le vieux baissa son arme et entrouvrit sa bouche pâteuse. Il était vraiment à un stade avancé de la vie. Ses lèvres s'écartèrent, comme pour dire quelque chose, puis se refermèrent. Cette petit chorégraphie buccale se répéta plusieurs fois avant qu'il n'arrive à parler.

-Vous êtes des métamorphes ?
-Oui. Et nous voulons savoir pourquoi, à chaque pleine lune, nous tuons des sans pouvoirs.


Je ne m'exprimai pas méga bien en anglais, mais le message était passé. Le débris nous fit un signe de la main pour nous dire de monter à l'étage, ce que nous fîmes. Il nous conduisit dans ce qui semblait être sa chambre, et sortit de sous le lit un coffret. La main tremblotante, il sortit la clé d'une poche de son veston et l'ouvrit. Seule une petit pierre était posée à l'intérieur.

-Depuis des générations, on garde ce coffre en attendant les premiers métamorphes à venir ici. Ma descendance étant partie en ville pour vivre une vie soi-disant "normale", je commençais à désespérer de périr avant votre arrivée. Ce caillou contient un message de mon ancêtre, celui qui érigea le monument. Je ne sais pas moi même ce qu'il dit. Entrez en contact avec elle, ça détectera votre don et transmettra le message. C'est le même système que l'autel...

Après qu'on m'ait expliqué la situation, car non je n'avais pas tout compris, je posai mon doigt sur le caillou. On se souvenait tous de mon problème devant l'autel, mais il fallait régler la situation. L'autre homme-loup se lança et posa son doigt sur la pierre. Il eut une seconde d'absence puis revint à lui. Sa seule réaction fut un geste pour nous dire que c'était OK. Tous ensemble, nous opérâmes donc le même mouvement vers l'objet messager. Une image apparut devant mes yeux, remplaçant mon champ de vision normal. On voyait une sorte de scientifique fou, et un gros roc de la même couleur que l'autel et le caillou du coffret.

-Bonjour, content que vous puissiez me voir. Mon nom est Klaus Sornal. Je n'ai pas beaucoup de temps, aussi vais-je faire en abrégé. Cette roche a été synthétisée à partir de mes propres capacités. Elle augmente tous les dons de toute sorte, mais a un effet particulier chez les métamorphes... Cette race des Dieux, cette espèce surpuissante mi-humaine mi-animale... Le Créateur n'a pas envoyé ces gens sur Terre pour rien. Aussi l'autel que je vais ériger multipliera votre puissance, notre puissance même, à la pleine lune. Un jour peut-être vivrons-nous dans un monde peuplé de notre race... Sur ce je vous laisse, les paysans arrivent pour me tuer. Déchets... Bye !

L'homme se changea en une créature hybride, ressemblant à un griffon et s'envola avec la roche énorme entre les serres, puis tout s'arrêta. Je revint dans la chambre du vieux. Lui ne connaissait pas le message. Max émit un petit sifflement et déclara avec humour :

-Hitlérien avant l'heure celui-là... Ça nous avance pas des masses.

Après avoir remercié le vieil écossais et être rentré chez nous, je dormis un bon coup pour récupérer un peu de ces rebondissements. Le lendemain même, nous nous retrouvâmes une nouvelle fois dans la forêt.

-Je touche plus à ça...
-T'inquiète pas, on en sait un peu plus maintenant. Avec du temps et des moyens on peut détruire la Lune... Je rigole. Non sérieusement, ce machin est créé à base de pouvoirs... Personne connait un genre d'annulateur de capacités ?
-Y doit y avoir ça à Domingo... Mais ici en Angleterre je connais personne.

Tout à coup, la femme puma qui n'avait encore jamais parlé depuis que j'étais arrivé s'avança vers l'autel. Sans nous regarder, elle dit en Espagnol :

-C'est mon don. Annuler les pouvoirs des autres. Enfin, c'est inexact. Mon vrai don est de copier les pouvoirs des autres. Mais un jour, à Domingo justement, j'ai rencontré un jeune garçon pouvant, pendant quelques temps, effacer toute trace de capacités. Toutefois, il faudrait que je me souvienne de son visage pour réutiliser ça...


Si en partant j'avais su que mon espagnol me servirai en Grande-Bretagne... Et par le plus beau des hasards, je connaissais une seule personne à Domingo capable d'une telle prouesse. Le plus beau dans tout ça, c'est qu'on pensait à la même. Ivan, du duo d'assassins Slayer. Grâce à mes magnifiques dons d'artiste (ironie), je fit un croquis du mieux que je pu du visage du petit, ajouté à une description assez précise. Tout à coup, le visage de l'hispanique s'illumina. Le légendaire Vide des Sapiento était venu en elle. Après concentration, elle créa la zone qui me fit tant ramer dans les souterrains. L'autel se fissura à son contact avec le Vide. Un grondement retentit, puis le monument éclata simplement sous la pression. Nous n'en croyions pas nos yeux. C'était si simple, si rapide !

-C'est tout ?


Ponctua d'ailleurs Max. Nous en discutâmes les jours suivants, puis on en rit, et enfin on oublia pour parler d'autre choses. Mais mon séjour touchait à sa fin, bien occupé par cette mésaventure de Sornal. Après avoir récupéré de quoi contacter tout le monde, je fit mes adieux et repartit. Chose étrange, c'était le même chauffeur qu'à mon arrivée. Probablement qu'un seul gars passait par là dans cette compagnie de taxi.

-Alors, ces vacances Sir ?

Je détournai mon regard de la fenêtre, l'air intrigué. Il pleuvait dehors, comme dans les bons vieux clichés sur ce pays. Avec un petit sourire, je répondit simplement :

-C'était... Bestial.
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